Histoire-Story

Il y a des histoires dont on a peine à imaginer comment elles ont pu prendre un tel virage…

Celle de Bénédicte Pellerin n’est en effet pas commune. Diplômée en agriculture, elle se destinait alors à des expertises au sein du monde rural. On est donc bien loin de l’univers du bijou. Mais en fait, pas tant que cela, car ce qui rattache sa formation à son choix professionnel découle de sa fascination pour les richesses que recèle la terre, et notamment pour l’ambre. Sa rencontre avec la matière, est née d’un voyage en Pologne et d’un collier offert. Prise de passion pour elle, Bénédicte enrichit ses connaissances par de multiples lectures et devient vite intarissable sur le sujet, au point qu’elle envisage même d’écrire un livre« L’ambre présente un intérêt phénoménal à plusieurs titres : géologique, scientifique, ethnologique, thérapeutique et bien évidemment artistique.

Celle de la Baltique s’est formée il y a 40 à 60 millions d’années, à partir de la résine de conifères formant d’immenses forêts de résineux. Sous l’effet de nombreux facteurs physiques et chimiques du milieu, cette résine s’est pétrifiée pour donner naissance à l’ambre , nous apprend-elle. 1993 marque l’année où elle fait ses premiers pas dans le commerce de l’artisanat polonais.

Elle arpente, plusieurs fois par an, les routes sinueuses de Pologne à la rencontre de ses fournisseurs (une quinzaine aujourd’hui au total), elle vend elle-même sur les marchés, elle ouvre des boutiques l’été en Bretagne, puis en 1996 elle recentre son activité sur celle de grossiste en bijoux et fonde la société Balticambre. Dans le même temps, elle participe au salon Bijorhca. Les mauvaises langues ne lui prédisent pas un long avenir, soutenant que le marché est déjà sur-saturé. Armée de courage et de bons sens, Bénédicte conduit seule son entreprise qui, onze ans après, incarne une référence dans le domaine de la bijouterie fantaisie.

Pour preuve, elle détient à ce jour entre 500 comptes clients en France, dont près de 30 % dans le réseau HBJO. « La progression s’est fait étape par étape : d’un représentant à mes débuts, nous sommes passés à huit, et de 25 m 2 de showroom rue de Montmorency à Paris en 96, nous venons d’emménager dans des locaux de 120 m2 rue du Temple dans le 3e », confie-t-elle. D’année en année, Balticambre nourrit son succès à force de créativité. Travaillant en concertation avec les fabricants et les créateurs, elle insuffle un style qu’elle veut moderne et design. Dans un mélange argent et ambre, la marque propose des pièces sobres et accessibles (entre 30 et 50 euros prix publics en moyenne), mais signe également de somptueuses réalisations sculpturales.

A court terme, Balticambre projette de développer l’export en misant sur des collections encore plus typées. Ensuite, elle vise à développer sa notoriété auprès du grand public en se dotant des services d’une attachée de presse. Son credo tient néanmoins à ce vieil adage des campagnes : ” Ne jamais mettre la charrue avant les boeufs».

Nathalie Raut